Un gentleman s’en est allé...

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PAUL FRERE : un champion d’exception dont les qualités humaines en ont fait le meilleur exemple du «gentleman driver».

Le 6 juillet 1926, un jeune bambin de 9 ans, tenant son oncle par la main, assiste à sa première course, les 24 Heures de Francorchamps : une révélation pour le jeune Paul FRERE dont la passion pour l’automobile ne fera que croître au fil des ans.
Agé de 18 ans, il participe avec succès en Autriche où il résidait alors, à un gymkhana sur la petite 5 cv Amilcar maternelle.
2 mois avant l’entrée en guerre de la Belgique, il achète à la rue Bara à Bruxelles une Imperia 6 cylindres Grand Sport pour 600 francs.
Après la guerre, une petite DKW 125 lui permettra de participer, à Bruxelles (entre Groenendael et Mont-Saint-Jean), à sa première compétition motocycliste sur route : victoire de classe à 82 km/h.
La DKW participera ensuite au moto cross de Stockel organisé par la Motor Eclair de Schaerbeek et terminera 5e.
Une NSU 250 lui succédera puis une Triumph 350 de récupération qui totalisera 80000 km en 4 ans !

En 1946, Paul FRERE participe à sa 1ère course de vitesse (le Grand Prix de la Cambre organisé par l’Union Motoriste Uccloise) sur la Triumph Speed twin d’un ami : victoire sous le pseudonyme de « FREPAU ».
Ensuite, il fut pilote pour l’importateur Puch en 125 cc, ce qui lui permis d’être, l’espace de quelques semaines, champion du monde du mile lancé à 108 km/h.

En 1948, il participe à sa première course automobile : la réalisation de son rêve le plus cher. Avec la petite MG PB 939 cc (âgée de 12 ans !) de Jacques Swaters, l’équipage FRERE-SWATERS termine 4e de sa catégorie.

1950 et 1951 : victoire sur Dyna Panhard au Grand Prix des voitures de série à Francorchamps. Peu à peu, ses relations et ses qualités de journaliste et de pilote l’amèneront au volant de voitures plus puissantes.

En 1952, victoire au Grand Prix des voitures de série à Francorchamps sur une des 4 Oldsmobile officielles (les 3 autres étant confiées à Johnny Claes, André Pilette et Jacques Swaters).
Toujours en 1952, il remplace Peter Collins sur une HWM (1970 cc, 4 cyl., 145 cv et 550 kg) au Grand Prix de Belgique à Chimay : Paul FERE réalise la pôle (4 min 33 sec) et gagne la course un centième de seconde devant la Connaught de Downing.
5e place au Grand Prix d’Europe à Francorchamps sur HWM officielle aux côtés de Lance Macklin et de Peter Collins.
Abandon au Grand Prix d’Allemagne (boîte de vitesse).
Il fit ensuite le Grand Prix de Hollande pour Amédée Gordini aux côtés de Manzon, Trintignant et Behra : abandon de la Simca Gordini de Paul FRERE (bris de l’arbre primaire de la boîte de vitesse). La saison 1952 fut dominée par les Ferrari de Ascari et Farina.

En 1953, Mr Beherman, le distributeur Chrysler d’Anvers, lui confie une Saratoga de 14000 km pour les 1000 Miglia : les 630 premiers kilomètres seront couverts à 131 km/h de moyenne. Paul FRERE, associé à André MILHOUX, gagne sa catégorie en 13 H 38’ 03’’.
Il gagne ensuite le GP des voitures de série, à Francorchamps, sur une Chrysler New Yorker devant la Lincoln de Johnny Claes.
Le 31 mai 53, il termine 2e du GP du Nurburgring, sur HWM, à 1,7 sec. du suisse Tulo de Graffenried.
En juin 53, aux 24 Heures du Mans (que Paul FRERE considère comme la plus importante épreuve du calendrier mondial), il gagne sa catégorie, associé au journaliste Richard von Frankenberg au volant du nouveau prototype Porsche : une des 4 voitures officielles de la marque. Il sera ensuite invité par Alfred Neubauer à essayer sur le Nurburgring le nouveau prototype de la Mercedes 300 SL en compagnie de Hans Klenk, Hans Hermann et Günter Bochem (pilote Borgward).
Il abandonnera aux 24 H de Francorchamps, à 3 heures du matin, sur grippage de la boîte de vitesse de la Porsche 1100, associé pour l’occasion à l’Allemand Hampel.

1954. Au volant d’une Chrysler de 235 CV, il gagne le GP des voitures de série à Francorchamps (écoutant même à la radio de bord le reportage de sa propre arrivée ! ! !).
Le même jour, il fait la pôle et gagne la course des voitures de tourisme moins de 2600 cc au volant d’une Alfa Romeo 1900 TI obtenue par l’usine Imperia qui en assurait le montage en Belgique.
24 Heures du Mans : engagé sur une des 5 Aston Martin, avec Caroll Shelby comme équipier. Abandon peu après minuit de l’Aston blanche à bandes bleues (les couleurs américaines) sur rupture de la fusée de roue avant droite.
Abandon au GP de Belgique de la monoplace Gordini sur grippage du pont arrière.
Abandon aux 1000 km de Monza sur la Gordini 3 litres sport 8 cylindres : associé à Jean Behra, Paul FRERE était en tête de l’épreuve jusqu’à la rupture d’un axe de culbuteur.
Au GP de l’Automobile Club de France, à Reims, nouvel abandon de la Gordini de Paul FRERE, sur bris de pont, alors qu’il était 5e et faisait jeu égal sous la pluie avec les Mercedes de Fangio et Kling.
Abandon au GP d’Allemagne après la perte d’une roue : ce qui décida Paul FRERE de ne plus prendre le volant d’une Gordini tant qu’elles n’offriraient pas des garanties de sécurité.

1955. John Wyer, directeur sportif d’Aston Martin, incorpore Paul FRERE dans son équipe pour les courses de voitures de sport.
A Francorchamps, il gagne l’épreuve des voitures de série sur Alfa Romeo 1900 et il gagne celle des voitures de sport sur Aston Martin DB3 S (devant les 2 Ferrari de l’Equipe Nationale Belge de Swaters et Laurent).
Ugolini, directeur sportif de Ferrari, incorpore Paul FRERE dans l’équipe de monoplaces aux côtés de Tarrufi, Trintignant, Farina et Schell. Au GP de Belgique, sa première course pour Ferrari en F 1, il termine 4e derrière les Mercedes de Fangio et Moss et la Ferrari de Farina.
Au Mans, il terminera 2e sur l’Aston Martin n° 23 associé à Peter Collins (4079 km à 169,717 km/h de moyenne) derrière la jaguar de Hawtorn et devant celle de l’ENB de Claes-Swaters.
Au GP de Suède des voitures de sport, il pulvérise aux entraînements la Ferrari Monza de l’Equipe Nationale Belge et s’en tire avec une jambe cassée.

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